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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 00:27

 


     

 

 Chapitre IV: Double jeu

 

 


I) Un briefing contrariant


Le capitaine Iyadus referme de moitié l'écran du cogitator intégré à son large bureau et lève son regard sur les deux frères space-marines qui viennent d'entrer pour se placer au garde-à-vous devant lui. Les runes vertes du panneau continuent de diffuser une lumière changeante sur ses traits, ce qui lui donne un air encore plus sévère qu'à l'accoutumée. Son regard bascule du 1ère classe Paladus au 2ème classe Jumeau. Leur armure est en ordre, leur regard est empli d'impatience, il a bien choisi. Il repense alors à la visite qui l'a poussée à organiser cette mission. Cela s'est passé une heure plus tôt au moment où une délégation de l'Adeptus Mechanicus a annoncé soudainement sa présence à quelques lieux de la station-caserne. Le territoire de l'Adeptus Astartes n'est pas une chose que l'on viole aisément aussi il leur fut ordonné de faire immédiatemment demi-tour sous la menace des canons. Les hommes-machines ont alors demandé l'autorisation d'envoyer une délégation. Simple question protocolaire, vu qu'elle était accompagnée d'une missive signée de la main du Gouverneur Hax. Iyadus dû donc les recevoir et s'y résigna, mais le fait d'y être contraint ne l'enchanta guère. La garde des technoprêtres ne fut pas autorisée à se rendre plus loin que le Grand Hall. Seuls les deux émissaires mécanisés reçurent le droit de franchir la porte de son bureau. Ils portaient tous les deux la toge carmine de leur charge ainsi que diverses mécadendrites mais leurs points communs s'arrêtaient là. Le premier faisait dans les deux mètres de haut et son visage n'était plus qu'un crâne grimaçant. L'unique témoignage qu'il fut homme autrefois était un oeil naturel flottant dans l'orbite droit. Le second, dépassant allègrement les deux mètres aussi bien en hauteur qu'en largeur, était engoncé dans une sorte de cuirasse dont tout l'arrière représentait le Rouage Sacré des hommes-machines et rajoutait au moins 50 cm à sa hauteur naturelle. Son visage, caché sous sa capuche tout au long de l'entretien, ne fut pas dicernable une seule fois pas plus qu'il ne prononça un mot. Seules quelques diodes de couleur s'éclairant de temps en temps furent preuves de son attention. Le plus petit des deux prit la parole en adressant au capitaine un effrayant simulacre de sourire.

 

"Capitaine Iyadus, je vous présente mes salutations. Je suis le logi-princeps Magneus et voici mon assistant le technodiacre Arachnor. Votre bastion est tout à fait impressionnant".

 

"Il est le résultat du sacrifice de dizaines de mes frères lors de la conquête du secteur. Le moindre de ses pavés est sacré à nos yeux et nous n'aimons guère qu'ils soient foulés par des profanes".

 

"Je comprends. Toute organisation possède ses propres rites".

 

"Provoquer l'ingérence du Gouverneur Hax est un rite que je ne connaissais pas au Mechanicum".

 

"Beaucoup de choses nous concernant vous sont inconnues capitaine".

 

"C'est exact mais j'ai comme l'impression que vous êtes ici pour me réveler l'une d'entre elles. Je me trompe?"

 

"Vous avez raison capitaine Iyadus. Je suis ici pour requérir votre intervention sur Oméga VI et cela au plus vite".

 

Il fronce les sourcils de contrariété et répète aux deux soldats d'élite ce que Magneus lui a communiqué lors de cette entrevue. Il y a 2 jours, tout contact avec la planète-prison Oméga VI a été perdu. Il s'agit d'un monde tenu secret n'apparaissant sur aucune carte où sont enfermés les pires criminels du secteur. Bien que l'Arbites soupçonne l'insurection générale, le Mechanicus a fait pression pour empêcher toute intervention. Quelques heures avant la perte de contact, l'un des leurs a atterri sur la planète, un électroprêtre du nom de Gammalus. Leur objectif est de le retrouver et de l'extraire. Apparemment il héberge dans son corps des reliques mécaniques d'une grande importance pour le culte et c'est pourquoi il souhaite les récupérer. Peu importe que Gammalus survive ou pas, son corps doit être ramené. Pour cette mission ils disposeront de leur ThunderCry habituel avec son équipage de serviteurs ainsi que de deux motos de combat modèle Astartes. Les deux frères marines ne posent aucune question et saluent avec véhémence leur supérieur avant de quitter la pièce. Le capitaine Iyadus ne peut s'empêcher de sourire en voyant une telle fougue chez eux. Cela l'attriste encore plus de penser que demain ils seront peut-être morts à cause des sombres manigances de politiciens. L'officier expire de mécontentement. Il sort d'un tiroir son exemplaire du Codex et contemple sa couverture de cuir et ses lettres dorées. Non, l'émissaire ne lui avait pas tout dit, il en était certain. Pourquoi la Deathwatch doit intervenir dans une affaire où les troupes de Mechanicus sont amplement suffisantes? Pour les avoir déjà vu en action, il sait qu'elles disposent de commandos tout à fait aptes à ce genre d'exercice. De plus, si ces artefacts sont vraiment si importants, pourquoi aucun expert technique ne leur est détaché? C'est toujours le cas pour ce genre de mission dans les space-hulks, alors pourquoi pas là? Et enfin, pourquoi avoir insisté aussi lourdement sur la possibilité de supprimer Gammalus. C'est comme si le voir mort était finalement l'effet recherché. Est-ce vraiment une mission de récupération ou... d'extermination? Le capitaine Iyadus avait décidemment l'impression de se faire manipuler et il n'aimait pas ça...

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