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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 23:19

 

     

 

 Chapitre V: De Peste et de Glace

 

 


I) Début chaotique


Paladus sent une légère décharge lui parcourir le corps et ouvre les yeux. Il inspire soudainement bruyamment ressentant brutalement l'absence d'air dans ses poumons. Il se redresse et appuit sa tête casquée dans sa main. Ou devrait-on dire dans sa nouvelle main, ce chef d'oeuvre de technologie capable de broyer un bras d'Ork aussi suremment qu'un bout de bois. Le Storm Warden n'avait pas fait les choses à moitié et avait pesé de tout son récent prestige de vétéran pour obtenir cette merveille. Il avait finalement reçu l'autorisation de sa hiérarchie et le techmarine Zobec la lui avait installé. Il avait ensuite passé deux mois à apprendre à s'en servir à la perfection pendant que son camarade Blood Angel en faisait de même avec sa nouvelle jambe mécanique. A cette pensée Paladus presse la rune de son comm-vox ce qui le fait grimacer de douleur. Il avait la tête qui tournait et une sensation de nausée qui ne lui quittait pas la gorge. Manifestement, les largages en navette ballistique étaient de pire en pire. Il espérait que ses autres compagnons avaient eu plus de chance que lui. "Killteam Phoenix, Killteam Phoenix, répondez. Ici le vétéran Paladus est-ce que quelqu'un m'entend?". "Frère Paladus ici le sergent Agamorr. Je suis dans un tunnel... Sous terre... Peut-être des égouts... Je vais essayer de rejoindre la surface. Où vous trouvez-vous?". "Je suis dans...". Paladus tourne la tête et regarde autour de lui. Sa capsule a traversé un grand bâtiment et s'est écrasée sur des sortes de grosses machines industrielles. Sur son trajet, plusieurs gros cables de haut voltage ont été arraché et à présent, ils sont furieusement agités par des spasmes électriques au niveau du sol. Certains pendent encore du plafond mais projetent de puissants arcs bleutés. "... une sorte d'entrepôt ou de salle des machines. Je sors de là et je vous rejoins". "Mes frères je ne peux guère vous parler" chuchote le space-marines Jumeau. "Que se passe t-il frère devastator?". "Je... Je crois que je suis en équilibre. Je vais tenter de sortir. Je coupe la communication". "Très bien. Tous au rapport dans 20 minutes" décide le sergent. Paladus se redresse et examine les alentours. Les cables forment un véritable labyrinthe électrique où que se pose son regard. Atteindre la sortie n'allait pas être simple, il en avait le pressentiment...

 

Jumeau déclenche l'ouverture d'urgence et sent un vent mordant et froid souffler. La vision d'un ciel nuageux s'offe à lui. Bon je suis dehors se dit-il, surtout pas de geste brusque. Il entend le craquement de métal de sa capsule et la sent à nouveau tanguer d'avant en arrière. Le plus délicatement possible il se met assis et examine l'endroit où il se trouve. Un toit d'immeuble à une centaine de mètres du sol, sa navette en équilibre sur la corniche. "Gén-ial" dit-il ironique. Décidément, il avait l'impression que l'Empereur lui en voulait depuis quelques temps, et là, ça se confirmait! Il détache son bolter lourd avec précaution et tourne son buste sur la droite vers la tranchée creusée dans les plaques de lithobéton par son véhicule. "Bon ça passe où ça casse! Un, deux...". Et avant même qu'il ait le temps de réagir, sa capsule se penche définitivement en avant et glisse dans le vide. Jumeau tente de se rattraper tant bien que mal mais se retrouve seulement avec des débris de pierre dans les mains. Assurément, l'Empereur lui en veut pense t-il avant de basculer complètement.

 

Étrange se dit Agamorr. Il jurerait avoir entendu un cri. Cela faisait maintenant cinq bonnes minutes qu'il avançait dans ce tunnel obscur à l'eau croupie. D'après ce qu'il avait pu voir au point d'impact de sa capsule, il devait se trouver à plus de 600 mètres sous-terre. Une façon pour les autorités municipales de protéger la tuyauterie de la ville du gel qui sévit quotidiennement à la surface de Sepheris Secundus. Cela n'empêchait pas l'air ambiant d'être glacial. Soudain il se stoppe. Il est certain d'avoir ressenti un léger contact au sommet de son crâne. Sans regarder, il tend la main en arrière et sent un contact froid et dur. Il tire dessus d'un coup sec. Aucune résistance. Au contraire même, la chose se fracasse par terre. Il se retourne et voit à la lueur de son marteau-tempête qu'il s'agit d'un cadavre gelé, maintenant brisé en morceaux. L'homme est habillé d'une blouse complète grise d'ouvrier. Ses galons indiquent qu'il avait atteint le statut de contre-maître. La corde qui lui enserre le cou ne laisse planer aucun doute sur la cause de la mort. Un papier chiffoné dans sa main explique simplement "Ils sont partout, il n'y a aucun espoir. Le bruit attire leur chef. Pardonne mon péché Ô Empereur...". Ainsi leur ennemi n'est pas seul. Agamorr se redresse et hâte le pas. Il doit rejoindre ses camarades au plus vite car il se pourrait que la résistance soit plus vive que prévue. Après plusieurs passages glissants et deux-trois changements de direction à cause de ponts métalliques dont il n'avait aucune confiance pour supporter son poids, le sergent débouche sur un passage ascendant se terminant à une dizaine de mètres du sol par un large boyau éclairé par la lumière extérieure. Bien que soulagé, Agamorr n'en reste pas moins méfiant car ce puit est creusé d'une manière qui n'a rien d'humaine. Il fait quelques pas dans la neige fondue mélangée à l'eau insalubre et examine autour de lui, le marteau prêt à frapper. Les débris et les bords suggèrent qu'un projectile de grande ampleur est tombé ici pourtant on n'en trouve aucune traces. De plus, les quelques flocons qui tombent sur les murs sont immédiatement dissouts produisant de petites voluptes de vapeurs blanches. Agamorr s'approche et constate que cet effet est dû à une sorte de moisissure ou de champignons se trouvant un peu partout. Il reste pensif quelques secondes se demandant si... Mais qu'est ce que c'est? Un coup de feu, puis un autre! Des rafales à présent! Toute une vie de combats ne lui laisse aucun doute, ce sont des détonations de bolters modèle Astartes qui résonnent. Le sergent se rue à l'assaut du mur et l'escalade avec hardeur. Son ascension est d'autant plus facilité vu que les murs sont bizarement friables, ses doigts s'y enfonçant comme dans une plaquette de beurre. Mais il n'a pas le temps de réfléchir plus longuement à la question, il est maintenant à la surface, dans une ruelle entre deux immeubles et voit Paladus dans une longue avenue aux prises avec des hordes d'ennemis. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants l'attaquent sauvagement à mains nues. Ils semblent totalement insensibles et se battent avec une frénésie quasi surnaturelle. Agamorr s'avance en courant et hurle dans son vox "Paladus, j'arrive par l'est. Que se passe t-il?". Plusieurs têtes se retournent vers lui. Leurs yeux blancs, leurs dents pourries, leurs chairs putréfiées et leurs vêtements maculés de sang séché imposent la seule conclusion possible.

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