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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 13:16

 

 

XXVI) Savez-vous qui nous sommes et ce que nous faisons? (Heure inconnue)

 

 

La mélodie des psaumes de la Raison Pure résonne à ses oreilles. La dernière fois qu'il l'avait entendu c'était il y a bien lontemps lorsque le clergé de l'Omnimessie l'avait jugé digne de porter la robe rouge et qu'il avait été ordonné technoprêtre. C'est un son si pur si parfait, il s'accorde si pleinement avec chaque fibre mécanique de son être que cela lui provoque une délicieuse sensation de picotement. Comme des caresses. Ainsi son créateur le rapelle aujourd'hui à lui? Puisse t-il insufler son âme dans l'un de ses serviteurs mécanisés. La sensation de picotement devient plus forte, carrément désagréable. Il a maintenant l'impression que de l'acide circule dans ses veines. Il ouvre subitemment les yeux. Un ange de la Connaissance le regarde. Sa tête est pure, aucune chair ne la corrompt. La focule biométrique occupant son orbite gauche s'élargie, devoilant un flot constant de données lumineuses. L'un de ses tentacules est en train de lui injecter quelque chose. La musique sacrée se transforme peu à peu en bips échangés par des machines médicales. Il ressent soudain de vives douleurs éclater un peu partout dans son corps, comme si une main invisible lui assénait des coups de marteau au hasard. Il se met à tousser et le goût du sang se répand dans sa gorge.

 

"Mécamancien Aestus?". Le servo-crâne s'éloigne et un homme entre dans son champ de vision troublé. Il est vêtu d'un uniforme de la garde du palais. Ses épaulettes et ses médailles en font sûrement quelqu'un d'important mais l'homme-machine n'a jamais été versé dans les distinctions entre êtres de chair. Le soldat lui retire son masque à oxygène et réhausse le haut de son lit. Il est dans un bloc medicae, il reconnaît les murs aseptisés, les instruments en acier chirurgical et les réservoirs de peau synthétique. Il voit également que ses membres, même s'il est incapable de les bouger, sont entravés par des lanières de cuir.

 

"Je suis le lieutenant Von Raditz, Aestus. Tu te trouves à l'officio medicae de Cromwell-City. Nous avons dû te mener ici, vu que le medic du palais est mort. Mais ça tu le sais probablement". A ces mots, le mécamancien essait de tourner le tête vers la fenêtre.

 

"Avant que la moindre idée d'évasion ne te traverse l'esprit, sache que tout le bâtiment est bouclé par nos hommes avec autorisation de t'abattre à vue. La seconde chose qu'il faut que tu saches c'est que nous savons tout. Tu es un espion et tu as essayé de voler des informations capitales appartenant à la Maison Silphenus. Mais tu as mal choisi ton terrain de jeu, mon ami. Seigneur Obediah fait partie des meilleurs associés de Lord Cromwell et il est tout à fait impensable qu'un tel vol ait lieu sous sa protection. Tout ce que nous voulons savoir c'est qui t'a engagé?". Aestus essait de répondre mais seul un grognement de souffrance sort de sa bouche. Des larmes roulent sur ses joues du fait de la douleur. L'homme lui replace sur la bouche le masque en plastec transparent.

 

"Tut tut tut. Ne te fatigue pas à me pondre des bobars. Le capitaine Da Casto est en route en ce moment même et elle ne devrait plus tarder. Tu vas voir, les interrogatoires, c'est l'une de ses grandes spécialités...". Il fait alors demi-tour, se rend jusqu'à l'entrée tout en gloussant puis sort en refermant la porte derrière lui.

 

Aestus ferme les yeux. Non ce n'est pas possible! Il va mourir comme un misérable être de chair aux mains de non-initiés aux secrets de la Machine. Nul doute que son corps va être enterré et pourrir au milieu des vers qui se délecteront de ses restes. Ou pire encore, ils vont le brûler et ses cendres seront recyclées pour la fabrication d'une encre de mauvaise qualité ou d'un encens mortuaire. Il ne pouvait s'imaginer une plus triste fin. L'homme-machine n'avait jamais eu peur de la mort car cela n'était qu'une étape dans le service à l'Omnimessie. Mais là, ce qui le torturait, c'était de savoir que son serment allait arriver à son terme et qu'il n'aurait pas l'honneur de subir la cérémonie du technoasservissement. Toutes ses données mémorielles vont donc être perdues. Il s'en voulait tellement! Il serre ses poing jusqu'au sang alors que, soudain, un léger courant d'air passe sur son visage. Il ouvre les yeux à nouveau et voit les rideaux de la fenêtre qui se gonflent légèrement. L'un des battants est ouvert...

 

"Je comprends que votre état soit une source de tristesse. Il est tellement... dégradant!". La voix est suave et roucoulante. Le mécamancien surpris tourne la tête vers elle. Une silouette sort de l'ombre. Il s'agit d'un homme portant un large et banal pardessus gris à capuche. Son visage reste un mystère mais son menton présente un bouc blanc parfaitement taillé et sa peau arbore une blancheur nacrée.

 

"Savez-vous qui nous sommes et ce que nous faisons?" dit-il en avançant vers lui. Aestus s'agite et essait de crier, espérant prévenir les gardes qui se trouvent là-dehors. L'homme le maintien d'une main contre le lit et lui plaque l'autre sur la bouche. "Chut, chut, chut! Voyons, ce n'est pas une manière de recevoir un visiteur!". Le mécamancien s'agite en vain pendant quelques secondes puis finit par s'arrêter, en nage et exténué.

 

"Je ne suis pas venu vous nuire bien au contraire. Je ne demande pas votre reddition, je la constate. Or, que ce soit de ma main ou de la leur vous êtes déjà mort, vous le savez bien. La seule question que vous devriez vous poser c'est: êtes vous prêt à subir les pires douleurs et sévices dans le peu de temps qu'il vous reste à vivre ou, voulez-vous m'écouter et accorder à votre corps un trépas immédiat et sans violence?". Tout en prononçant ses mots, l'homme retire ses mains avec lenteur et s'assoit sur le lit. Aestus le regarde avec rage là où il devine que sont ses yeux.

 

"Bien, je crois que j'ai toute votre attention désormais. Donc je répète ma question:savez-vous qui nous sommes et ce que nous faisons?". Aestus hésite un moment puis fait non de la tête. L'homme sourit de plus belle. "Parfait! Maintenant une dernière petite question: savez-vous où se trouve Scynthia Cromwell?". Les yeux du mechamancien s'agrandissent de surprise. L'inconnu éclate d'un rire gracieux. "A voir votre tête je dirais que non... Bon et bien je n'ai pas d'autres questions. Félicitations! Vous avez amplement mérité votre repos éternel". L'homme sort un petite boîte en métal des pans de son vêtement et en extrait une seringue. Il l'injecte dans le cathéter le plus proche et un liquide rose fluo se répand immédiatement dans le tube. Aestus sent une grande sensation de froid l'envahir et son corps se relâche de plus en plus. Sa conscience faiblit tandis que la douleur et la peine le quittent. Tout à coup, une bouffée de chaleur le submerge. Il a la sensation qu'une décharge fouille chacune de ses terminaisons nerveuses pendant que son esprit chute dans un gouffre sans fond. C'est alors que des créatures démoniaques déchirent les ténèbres et se jettent sur lui. Il continue de tomber mais les succubes s'accrochent et ralentissent sa chute de leurs ailes. Elles pressent contre lui leurs délicieux corps nus de femmes parfaites et lui susurrent à l'oreille des promesses d'extases sans fin. Elles parcourent son corps de leurs doigts griffus tandis que leurs langues bifides le lèche de manière frénétique. Certaines entreprennent de lui arracher chacun de ses implants mécaniques, y compris sa cyberchape, ce qui lui provoque une douleur insoutenable. Les autres lui administrent les attouchements les plus doux, les pratiques sexuelles les plus agréables et il en éprouve de multiples orgasmes. Il hurle de douleur et de plaisir, ne sachant s'il souhaite que ce moment s'arrête ou continue pour l'éternité. Il a l'impression que son âme va se briser en morceaux devant ce choix impossible. Il entend alors une voix résonner comme venant d'un écho lointain: "Tu auras la fin calme que tu espérais petite machine, mais pas avant d'avoir goûté à l'une de nos communions! Ah ah ah..."

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commentaires

Ios 07/10/2012 12:15


Nan mais si tu pouvais éviter de lui rappler la piste du cardinal !!! Toute façon, je pense aussi que ce vieux coquin queutard de cardinal est mouillé jusqu'au cou(illes^^) !

BriseBarbe 07/10/2012 12:45



Ah ah ah! Bien vu! 



Kintas 24/09/2012 21:57


Outch les points de corruption et de folie ont été données ? Par contre, ça donne le ton des barjots que nous devons affronter avec nos persos weak. A priori infiltré a tout les niveaux.


D'ailleurs niveau ennemis, j'ai seulement 6 balles donc pas trop de cultistes.


La première action de mon cher Kintas serait (si il avait connaissance de cette partie et des autres fait en "appartée") de prendre la première navette direction: très loin.


Je n'ai pas du tout hâte de la confrontation avec Cromwell, surtout sans informations ou même avec d'ailleurs. J'entends déjà "cette machine a avouée sous la torture que vous vouliez voler mon
ami le Rogue Trader. La sentence est la mort pour toute cette équipe."

BriseBarbe 29/09/2012 09:25



Lol! Ca pourrait être effectivement une conclusion possible à cette histoire (si vous trépassez vite ça me ferait moins de lignes à taper ^^ ). Mais bon... Vous avez encore 4h30 devant vous et
tout est encore jouable :) Même si c'est chaud, tendu et diabolique! Mais je sais que c'est comme ça que vous aimez les scénarios! Vivement la suite et fin!


Franchement, ils sont pas trop cools mes albinos? 


Du coup t'as laché la piste du Cardinal? 



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