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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 22:40

 

 

IV) Surprenantes geôles...

 

 

C'est pourquoi notre prochaine étape sera de nous rendre dans les geôles et d'interroger les trois servantes de Dame Scynthia. Entre les messages sanglants dans la chappelle, les dizaines de lettres sur "IL", les sachets de poudre cachés dans les poupées et les tableaux étranges, elles ont bien dû se rendre compte de quelque chose à un moment ou un autre" conclut Lupus. Tous acquiescent et ils se rendent dans les couloirs où un domestique les renseigne sur le chemin à suivre. Après plus de 20 minutes de marche, ils débouchent dans une aile dégarnie où la décoration va au plus simple. Les murs sont nus, les tableaux et les statues ont fait place à d'immenses vitraux verts-bleu, aucune cheminée n'est visible, l'air est glacial. Seuls les immenses lumi-lustres prouvent que l'on se trouve encore dans le palais. Des échos de rire proviennent d'un angle de mur. De l'autre côté, trois gardiens se trouvent attablés et jouent à un jeu à boire. Leurs uniformes sont froissés et ils sont mal rasés. Il y a un jeunot aux cheveux blonds en bataille et tâches de rousseur ainsi qu'un vieux briscard aux cheveux longs noirs et aux joues grêlées. Le chef semble être le plus gros au crâne rasé et à la barbe fournie. L'équipe s'approche et ce dernier se lève. "Nous voudrions nous rendre dans les cellules pour interroger des prisonniers". "Ah? Aucune visite n'est prévu aujourd'hui. Baster t'as quelque chose sur le registre?". Le geôlier pousse quelques bouteilles et dégage un cahier à la couverture de cuir noir. Il tend la dernière page à son supérieur qui l'examine avec attention. "Bah non, y a rien. Ben cassez-vous". "Mais enfin nous sommes tout de même envoyé par le sénéchal Kleopos qui..." s'exclame Kintas. "Le maître des domestiques? Et alors qu'est ce que vous voulez que ça me fasse? Pas d'autorisation, pas de visite!" le coupe sèchement le gardien-chef en tapant du poing sur la table. "Attendez je crois qu'il y a un léger malentendu. Ce qu'essait de vous expliquer mon collègue, c'est que nous sommes envoyé par le sénéchal Kleopos ET le chambelan Aldebert. D'ailleurs j'ai ici un document qui en atteste...". A ces mots la tête du chef change de couleur. Il jette un rapide coup d'oeil sur le parchemin et son visage s'obscurci d'avantage à la vu du cachet de cire. "Ah... Mais je... Je... Bordel Jurtz ouvre à ces messieurs! Tu as bien entendu qu'ils sont envoyés par le chambelan!". La jeune recrue se lève, prend les clefs que lui tend son supérieur et se précipite sur la porte du fond surmontée d'une cam-pix. Le battant s'ouvre et dévoile un lot de marches plongeant dans l'obscurité. Le gardien Baster leur tend une torche. Thane la saisit et part en premier tandis que Kintas ajoute: "Au fait, trois femmes ont été amené ici hier par ordre du Cardinal Bonifacio. Quel est leur numéro de cellules?". "6, 7 et 8" lui répond le geôlier-chef blanc comme un cachet d'aspirine. Le groupe se retrouve donc à descendre les escaliers étroits, inégaux et glissants. Les parois semblent taillées dans la roche et suintent d'humidité. L'air devient de plus en plus froid, empli d'un parfum de moisi et d'excréments. Quelques râles se font peu à peu entendre ainsi que des couinements de rats. "Votre missive est décidément très pratique ma chère Gaia!J'ignorais que le nom du chambelan leur ferait autant d'effet..." s'exclame Kintas. "A vrai dire... Moi non plus! Ca a été une vraie surprise!" lui répond la copiste. "Visiblement tous les membres du conseil ont bien des secrets" poursuit Thane. "Oui et d'ailleurs nous allons voir dans quel état le cardinal nous a laissé les trois suspectes..." achève sèchement Lupus. Le petit groupe débouche sur un long couloir étriqué occupé de part et d'autre par des rangées de cellules à barreaux. De pauvres hères se trouvent dans la plupart d'entre elles. Certains poussent des gémissements désabusés sur leur passage, d'autres ne bougent même pas le petit doigt; peut-être sont-ils morts? En tout cas l'odeur est insuportable et les immondices nombreuses. Tous prennent garde à ne pas tomber dans la fange, guidés seulement par la flamme vacillante de la torche. Hélas, à force de regarder leurs pieds, les enquêteurs ratent certains détails et notamment cet être en hardes à la musculature nerveuse qui se faufile au plus près de Gaïa et se saisit d'elle par derrière pour la plaquer contre les barreaux de sa prison. Il commence à l'étrangler, elle se débat, il lui assène de violents coups de gamelle sur la tête. Quelques prisonniers commencent à pousser des cris d'encouragement à l'attention de l'étrangleur. Les autres arrivent en panique et essaient de la dégager mais l'homme semble avoir la force que donne parfois la folie ou le désespoir. Il bave et grogne, esquive le coup de bâton de Thane, résiste à l'empoignement de Natacha, assomme Gaïa. Toutefois ces différentes actions permettent de l'occuper et de dégager la copiste de son agresseur. Le licteur la tire au sol, l'assoit contre un mur et essait de lui faire reprendre connaissance. Pendant ce temps, les autres renoncent à faire payer le fou furieux qui se carapate dans les ombres de sa cellule. Ils s'éloignent vers les geôles du fond, laissant seul le prisonnier dément. Ce dernier, plongé dans les ténèbres, se calme aussitôt et sort de sous ses vêtements l'objet de son méfait: trois dagues de jet effilées comme des rasoirs. Il sourit en éprouvant le tranchant des lames... 

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