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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 13:55

 

 

X) Certaines réponses exigent des sacrifices...

 

 

Thane se lève sans bruit et se rhabille tout en essayant de ne pas tirer Madelon de son sommeil. Il ne peut s'empêcher de sourire. Après tout, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas connu les plaisirs de la chair. Une petite pause dans cette enquête retorse lui avait fait le plus grand bien. Soudain, son attention est attirée par quelque chose qui dépasse du matelas. Il le tire avec délicatesse et se rend compte qu'il s'agit d'un mouchoir en soie. Il est macculé de sang séché. Étrange. Il le glisse dans sa poche et se rend jusqu'à l'entrée sur la pointe des pieds. Il jette un dernier coup d'oeil sur la masse nue allongée puis ferme la porte le plus silencieusement possible. L'expérience avait été agréable mais un peu violente pour lui. Cette Madelon était une véritable furie et il ne voulait surtout pas la réveiller. Il ne se sentait vraiment pas prêt pour un deuxième round, ses poignets douloureux le confirmaient... Il se rend à la chambre de Moïra mais apprend de son occupante que Gaïa est repartie il y a une heure environ. Thane part alors en direction des jardins à l'entrée du bâtiment et retrouve sa collègue assise sur un banc. Elle a l'air furieuse. "Et bien, j'ai failli attendre! Je suis venue vous chercher il y a trois-quart d'heures mais j'ai entendu que... vous... étiez occupé!". "Ah... heu oui... Disons que certaines réponses exigent des sacrifices plus importants... Et sinon... Heu vous avez trouvé quelque chose de votre côté?". "Rien de très significatif sauf ça". La copiste sort alors un mouchoir de ses robes et lui jette dessus. Il est en soie et tâché de sang. "Et bien c'est peut-être un indice. Regardez j'ai exactement le même moi aussi. De plus, un autre a également été trouvé dans la chambre de Scynthia, c'est Kintas qui l'a gardé il me semble. Je me demande ce que ça signifie?". "Sylvia, celle qui partageait la chambre de Moïra, m'a dit de son amie qu'elle lui avait confié un secret: sa maîtresse lui enseignait régulièrement une nouvelle façon de prier l'Empereur. Je n'ai pas pu en savoir plus mais apparement après chaque "prière" elle revenait avec son lot de blessures". "C'est effectivement bizarre. Une fille de bonne famille n'est pas sensée approcher le Tout-Puissant de cette manière! La voie de la violence est une chose qui est habituellement l'apanage des fanatiques et des rédemptionistes.". "En tout cas...", la copiste se lève et s'étire les bras en baillant "Hâtons nous de rejoindre les autres, nous sommes suffisement en retard comme cela!".

 

Enfin les portes s'étaient ouvertes. Enfin la foule commençait à sortir. Kintas regarde avec dégoût ces gens qui se pavanent publiquement dans leurs atours. Là des précieuses font résonner leurs rires à gorge déployée, ici des généraux à la retraite fument des Lhos tout en bombant le torse, là encore de jeunes coqs font tinter pierreries et ornements à chacun de leurs mouvements. Le grammaticon se fraye un chemin à travers la bruyante foule multicolore et constate que la nef est bien plus impressionante vue de l'intérieur que de l'extérieur. Des gargouilles enlacées forment de grandes colonnes et se croisent en rosaces, soutenant la coupole de verre et d'or baignée de lumière. Les reflets changeant du dome sont ainsi savamment projetés dans le bâtiment et donnent l'impression de pénétrer dans un autre monde, un monde de sainteté et de béatitude. Toutefois, en ce qui concerne le néophyte, cette sensation est de courte durée et s'estompe instantanément lorsqu'un novice en soutane blanche passe les bras chargés d'un plateau de quête garni de billets. Pourquoi faut-il que les Hommes gâchent toujours tout? Soudain il l'aperçoit, il est là, ce maudit cardinal, drappé dans une robe pourpre au col de fourure complétée par des gants scintillants. Il boit un verre d'alcool servi par une chimère, probablement du whyskar, en compagnie d'un homme qui doit avoir largement dépassé la centaine d'années. Son visage livide et tiré contraste d'une manière étrange avec ses vêtements aux couleurs criardes. Kintas s'approche droit vers eux et jette un regard inquiet vers les gardes. A dire vrai, il est même étonné d'approcher le prélat aussi facilement. Plus que quelques pas. Un servo-crâne passe au dessus de lui, vaporisant de l'encens. Il se tourne à nouveau et s'assure que les sentinelles n'ont toujours pas bougées. "Où vas-tu serviteur?". Kintas tourne la tête et voit deux mastodontes devant lui. Bien que vêtus comme les autres ecclesiastiques, leur carrure fait plutôt penser à celle des gladiateurs de Bloodcrush. "Je... Je... voulais voir le cardinal...". "Ah palpitant! Et on peut savoir pourquoi?". La première brute porte la main dans sa robe, peut être s'y trouve t-il une arme? Le second fait signe aux hommes de la porte d'approcher. "Vous ne comprenez pas, c'est de la plus grande importance! Je... Je dois me confesser et...". "Le cardinal? Te confesser, toi? Ah ah ah! Quelle bonne blague!" s'esclaffe le premier tandis que le second enchaine "Dégage domestique! Ta place est en ville comme les autres! T'y trouvera peut être un ordre mendiant qui voudra bien s'occuper de ta pauvre âme!". A ces mots, les gardes le raccompagnent immédiatement à la sortie. Kintas est dépité. Décidément cet univers de paraître et de faux-semblant n'est pas fait pour lui! Il consulte l'heure sur le cadran du temple et constate qu'il est déjà temps d'aller rejoindre les autres.

 

Elle avait mis le doigt sur quelque chose d'important, elle en était sûr. Apparemment Scynthia souffrait d'une maladie de naissance: la Dolorosa Tenebrae. Bien sûr, Natacha ignore totalement de quoi il s'agit mais il semble que le medicae Aloesius traitait la cadette Cromwell depuis son plus jeune âge. Après de grandes difficultés dûes à la rareté de l'affliction, il avait fini par trouver un traitement prometteur et la jeune fille était entrée en phase de rémission. Cela a duré quelques années puis, il y a 4 ans, tout progrès semble s'être arrêté de manière inexplicable. Le docteur lui-même ignorait d'où pouvait provenir le problème. Prise d'un intuition, Natacha continue à chercher et trouve des notes concernant le précepteur de l'adolescente. Le dossier est maigre car il ne couvre qu'une période de 3 ans en partant d'il y a 4 ans. L'enseignant est décrit comme particulièrement pédant et propice à des demandes de surmédicamentation. La jeune noble poursuit sa lecture et son coeur fait un bon lorsqu'elle trouve son nom: Grand érudit Argail Mordiker! Tout se recoupe donc! Mais ils restent encore tant de questions sans réponses. Natacha réfléchit à une nouvelle piste. Elle sort le trousseau de clefs de sa poche et les examine une à une. L'une d'elle lui saute aux yeux comme étant un modèle unique. Elle sait que cela ne peut signifier qu'une seule chose: elle tient un outil destiné à ouvrir une serrure faite sur mesure. Pourquoi pas ici? Pourquoi pas un coffre-fort? Elle se met alors à sonder les murs en commençant par la salle de déchiffrage des radios où se trouve le corps du praticien. Bingo! Après seulement 5 minutes de recherches, elle dévoile une trappe donnant sur un coffre. Elle l'ouvre grâce à la clef et en examine l'intérieur: une pile de lettres manuscrites et une clé de données. Elle glisse le média de stockage dans sa poche et s'assoit au sol pour lire les correspondances. Une certaine MZ écrivait régulièrement à Aloesius pour lui commander du rouge à lèvres. Chose encore plus étrange, elle ne cessait de lui demander de foncer la couleur et le prévenait régulièrement qu'en cas de refus elle le dénoncerait. Qu'est ce qu'une histoire de maquillage peut... Bam Bam Bam! "Medicae Aloesius? Nous avons besoin de vos services, un incident dans les geôles". Merde! Natacha était tellement prise par sa lecture qu'elle ne les avait pas entendu approcher. Elle se lève d'un bond, referme le panneau secret et se précipite dans la salle de consultation. Elle entend de multiples voix de l'autre côté et les poignées tournent plusieurs fois. "Medicae? C'est le sergent Hert. Vous pouvez nous ouvrir?". Elle pivote la tête dans tous les sens à la recherche d'une issue. Le balcon, vite! Elle regarde en bas. Des haies d'arbustes se trouvent 6 mètres plus bas et peuvent amortir sa chute. A condition qu'elle ne les rate pas... Un choc se fait entendre à l'entrée. Elle vérifie que personne ne regarde dans sa direction puis s'élance dans le vide...

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