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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 15:18

 

 

XIV) Fâcheuses complications (H-9h02)

 

 

Le bâtiment du personnel de compagnie se situe à l'extrêmité nord du parc ouest, bien après le temple palatin. Grand pavé rectangulaire, sa façade est en émail bleu décorée de sculptures gracieuses représentant des naïades et de jeunes éphèbes. Les deux gardes à l'entrée sont très peu conciliants et font appel à un sergent par vox. Ce dernier les rejoint en voiturette. L'homme à l'uniforme impeccable et aux bottes fraichement cirées, porte une moustache dont les extrêmités sont recourbées ainsi qu'un cache-oeil en argent sur le côté droit. Il fume à l'aide d'un fin porte-cighalos en bakélite ce qui lui donne des airs de dandy. Comme ne tardent pas à le comprendre les enquêteurs, la garde est très soupçonneuse depuis hier soir car le niveau d'alerte a été augmenté d'un cran (autre conséquence de la découverte d'un cadavre dans une salle du palais, même avec une forte présomption pour la thèse du suicide). Gaïa se retrouve au sol pour quelques minutes, le souffle coupé par un violent coup de poing, pour avoir parlée sans que le sergent ne lui en donne l'autorisation. Cela refroidit toute l'équipe. Thane produit alors l'ordre écrit du Conseil mais cela complique d'avantage la situation au lieu de la simplifier. En effet, l'officier ne comprend pas pourquoi des domestiques de bas-étage comme eux sont en possession d'un tel document. L'aspirant explique alors qu'ils sont au service de Mademoiselle Cromwell depuis peu et, qu'en l'absence de son père, le Conseil a pris cette décision. Mais nul doute que ces formalités administratives seront réglées sitôt le retour du Lord... Après vérification de leurs identités, ils sont finalement autorisés à entrer. Le sergent leur signale toutefois qu'ils n'ont pas plus d'une heure devant eux par mesure de sécurité. L'intérieur contraste avec l'extérieur tant il y fait frais. Plus sombre, sans fenêtres, c'est un decorum délicat qui s'offre à leurs yeux. Tout est en bois finement ouvragé présentant des formes de plantes, de fleurs et de fruits, éclairées de façon étudiée par la lueur de lumiglobes tamisés. Le groupe regarde un petit moment l'imposant escalier central puis se dirige vers la réception, ses pas étouffés par la luxueuse moquette carmine. Lorsqu'ils arrivent à proximité de l'accueil, l'homme qui l'occupe cesse de nettoyer son stylus et jette un regard incrédule sur les nouveaux arrivants. Ne dépassant pas le mètre soixante, son visage ridé démontre un certain âge tout comme ses petites lunettes rondes posées à l'extrêmité de son nez crochu, qu'il maintient de manière permanente en l'air. Son uniforme noir et rouge est réhaussé de gros boutons d'or tandis que son tricorne sombre est agrémenté d'une plume bordeau. "Hum oui? C'est pourquoi? Les livraisons se font par l'entrée de service entre 12 et 14 heures" annonce le maître d'hôtel en accentuant chaque fin de phrase de manière exagérée. "Ecoutez je crois qu'il y a un malentendu monsieur. Nous devons rencontrer Dame Zenthrix car nous avons quelque chose à lui demander de la part de Dame Scynthia" lance Gaïa. "Vous? Vraiment?" s'étonne l'homme. "Je suppose que vous avez un document prouvant tout ceci?". Le laissez-passer lui est tendu, il l'examine avec la plus grande attention usant d'une loupe. "Effectivement cela m'a l'air en règles. Toutefois je ne peux vous autoriser à monter". "Quoi?? Mais pourquoi?!" se révolte Kintas. "Et bien Dame Zenthrix n'occupe pas ses quartiers actuellement. Elle n'est d'ailleurs pas rentrée hier soir. Vous devez attendre sur les bancs là-bas si vous souhaitez la voir". Thane tente alors le tout pour le tout. Il compte la menue monnaie qui se trouve dans sa poche et se demande si cela suffira pour acheter un valet si pédant. "Ecoute mon ami, il y a bien toujours moyens de s'arranger. Nous préfèrerions l'attendre directement chez elle". Il s'approche et vide sa main sur le comptoir dévoilant 6 trônes, un petit caillou, un vieux bouton de manchette et un bout de ficelle. Le réceptionniste affiche une grimace de dégoût profond. "Je crains monsieur, que vous ne confondiez vos usages primitifs d'habitants de l'immaterium avec ceux qui sont nés sous la protection de l'Empereur. Je vous prierai de récupérer vos... possessions et de reculer de la banque". L'éon doré reste surpris quelques secondes par cette réaction puis pense intérieurement "Il a un problème avec mon origine? Parfait!".

 

 

La poursuite de la machine volante continue depuis bientôt vingt minutes. Aestus et Lupus débouchent sur les jardins ouest et voient leur cible entrer dans un bâtiment par une petite grille. Il s'agit d'un grand bloc carré traversé par un véritable tunnel. La façade est couverte de fenêtres et d'écus présentant toutes sortes de blasons. Les deux investigateurs s'engagent dans le passage principal et constatent que deux escaliers de chaque côté permettent de s'enfoncer dans les flancs de l'édifice. Ils cessent de courir car des gardes les regardent et se rendent immédiatement à droite, au plus près de la grille, prennant chacun un escalier différent. Lupus pénètre dans un long couloir blanc où des portes numérotées s'alternent des deux côtés. Le passage tourne ensuite sur la gauche et les lieux sont vides. Le licteur se stoppe tous les sens aux aguets. Il entend de légers chocs métalliques répétitifs et lève la tête. Il sourit. Cette saloperie se déplace dans le conduit d'aération! Aestus de son côté entre dans le même genre de lieu décrivant un virage sur la droite. Deux hommes discuttent la porte ouverte. L'un est sur le palier, l'autre à l'extérieur. Ils sont tous les deux vêtus d'une perruque frisée, d'une tenue de livrée et de collants moulants. Ils cessent immédiatement leur discussion lorsque l'homme-machine s'approche d'eux et le suivent d'un regard incrédule. "Hum... Bonne journée" tente Aestus en passant, ce qui renforce encore l'étonnement des deux badauds. Lupus continue à se diriger aux sons et croise une femme de chambre sortant d'une pièce avec son chariot roulant. Grâce à elle il apprend qu'il se trouve dans le quartier des pages. Il poursuit à nouveau sa route et se retrouve nez à nez avec Aestus. "Mais qu'est ce...?". "Les deux couloirs communiquent il semblerait. Où est la machine hérétique?". Lupus pointe un doigt vers le plafond "Là-haut dans le conduit d'aération mais... Silence! Je n'arrive plus à l'entendre... Je crois que...". La porte à côté d'eux s'ouvre soudainement à la volée et un couple de pages passablement éméché fait son apparition. Aestus retourne immédiatement sur ses pas et prend la porte du fond donnant sur la cage d'escaliers. Lupus tente de converser un peu avec les nouveaux arrivants pour en apprendre plus sur Mordiker et les dames de compagnie mais ne tarde pas à se rendre compte que les deux jeunes gens sont trop saouls pour lui être d'une quelconque utilité. Le mécamancien gravit les marches quatre à quatre et débouche sur le palier suivant. Presque par réflexe, il regarde par la fenêtre et voit la chimère sortir d'une trappe d'aération juste en dessous! Il l'observe passer à quelque mètres de la vitre et réfléchit pendant quelques secondes à la possibilité de sauter directement dessus. Mais tous ses circuits encéphaliques sont formels: s'il ne meurt pas sous le coup de la chute, il sera certainement abattu par la garde dans l'instant qui suit. Et le pire est qu'il n'est même pas sûr d'emporter la chimère avec lui. Il choisit finalement de redescendre le plus vite possible, faisant signe à Lupus en passant. Ce dernier laisse tomber les deux ivrognes et rejoint Aestus dans sa course.

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commentaires

Lupus 08/08/2012 12:15


Ah ce bon vieux Lupus le seul qui a une paire de couilles.
Un vieux de le vieille, cigare, canon de poing, méthode peu orthodoxe... tiens ca me rappelle dirty Harry un peu.
Dans tous les cas, cette enquête semble plus compliquée à chaque nouveau élément.
Je me demande si il n'est pas possible qu'un de ces vieux sagouins soit le responsable.
Va falloir aller au turbin !

BriseBarbe 09/08/2012 22:49



Hé hé! Oui je dirais que c'est un portrait assez fidèle de la façon dont t'as commencé à le jouer. Et encore, pour l'instant il a pas eu de grandes scènes où il pouvait exprimer à sa juste mesure
sa philosophie de vie. Mais patience... Je viens de relire ce que j'ai écrit pour la suite et il se pourrait bien que cela lui plaise :) A condition, bien sûr et comme tu le dis, de valider
l'étape 1 et c'est pas encore gagné! le chrono file...



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