Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 16:12

 

 

XIX) Mauvais karma

 

 

Loin d'être rompus à ce genre d'exercice, leur accoutrement est peu convainquant, particulièrement pour le disciple de l'Omnimessie, qui a tenu, en plus, à emporter un aspirateur industriel qu'il soulève à bout de bras. Toutefois, ainsi parés, ils n'hésitent plus à se rendre jusqu'à la porte suivante dont ils forcent grossièrement la serrure. De l'autre côté, une salle des machines poussiéreuse leur fait face. Seulement éclairé par les diodes bleues de veille, Aestus examine les différentes machines ronronnantes et reconnait les systèmes gérant l'aération et l'intensité du courant électrique. Lupus s'en détourne et pousse un battant de bois donnant sur une salle de repos. Il commence à fouiller les lieux et l'homme-machine finit par le rejoindre. Trouvant de quoi se rassasier, ils s'improvisent une collation à base de biscuits secs et de recca froid. Puis avant de repartir, Aestus vole plusieurs trousseaux de clefs accrochés au mur. Les étiquettes guident son choix: il en prend deux par étages plus celle du véhicule stationné. Les deux travestis s'avancent ensuite jusqu'à un couloir donnant sur un escalier. Arrivés au bout, ils traversent un rideau et se retrouvent dans un corridor des plus luxueux. Le sol est en marbre et les murs sont habillés de boiseries fines où sont gravées des scènes de batailles légendaires. La disposition des lumiglobes a été travaillé de façon à mettre en valeur les ancêtres de la famille Cromwell ou les drapeaux portant leurs armoiries. Les deux compères délaissent les multiples portes pour remonter le couloir jusqu'au hall d'entrée. Ils reconnaissent les gardes à qui ils ont déjà eu affaire et évitent de croiser leurs regards. Ils progressent ainsi sur un long tapis rouge aux liserés d'or, traversant l'immense vestibule culminant à plus de 20 mètres de haut. De colossales statues représentant des personnages drapés de toges se trouvent là. La plupart sont des aïeuls Cromwell, déjà vus sur les boiseries, et beaucoup portent une sphère dans leur main. Aestus fait le rapprochement avec la planète Kinog lorsqu'il reconnait les différents continents qui y sont dépeints. Arrivés aux pieds des majestueux escaliers, ils observent les 4 paliers visibles, une balustrade à chaque étage permettant d'avoir une vue d'ensemble. Peu de gardes et quelques domestiques occupés à astiquer. Une réception se trouve au premier niveau mais, vu l'air peu accueillant de ses occupants, le duo préfère se tourner vers l'une des bonnes qui passe l'aspirateur dans les escaliers.

 

 

De près, le visage de Bergamote ressemblait à une vieille prune déssechée. Elle avait pourtant cette lueur d'intelligence dans le regard, celle des gens qui ont l'esprit vif et qui sont prêt à sauter sur la moindre occasion de l'utiliser. Elle n'avait pas pu répondre à leurs questions sur la chimère au comportement étrange ou sur le pécepteur Mordiker, mais leur discussion avait visiblement exitée sa curiosité. Aussi, dès qu'ils en urent l'occasion, les deux compères avaient filé avant que les interrogations ne deviennent trop embarrassantes. Les voici maintenant devant la porte n°45 du 4ème étage. Aestus examine les clefs volées une à une pendant que son camarade surveille le couloir. "Tu crois que la vieille se doute de quelque chose?" demande Lupus. "Je n'en sais rien licteur. Les émotions humaines sont de votre compétence". "Tu m'aides pas beaucoup là! Et puis franchement, tu cherches quoi? Tu crois qu'avec toutes les portes qu'il y a ici, t'as forcément choppé les bonnes clefs? Où même qu'on est devant la bonne chambre? Ça pourrait très bien être celle d'à côté, non?". "La chance n'est rien de plus qu'un paramètre aléatoire inclu dans une formule mathématique. Ce sont mes calculs qui nous ont conduit içi". "Décidemment, plus je t'écoute et plus je regrette de t'avoir suivi!". Aestus se redresse soudain et vient se placer à côté de Lupus. "Et ben qu'est ce que tu fais? C'est ouvert?". "Il semblerait que nous venons d'atteindre la limite de mes calculs. Pouvez-vous crocheter la porte licteur? Je vais surveiller le couloir". "Mais c'est pas vrai! Bordel! Tu te fiches de moi!". Lupus jette un regard noir à l'homme-machine impassible puis s'attelle à forcer la serrure en argent poli. Le mécanisme recelle un grand nombre de goupilles dont l'agencement retord n'est pas fait pour simplifier les choses. Quelques minutes de bidouillage sont nécessaires et c'est un Lupus au front brillant de sueur qui ouvre la porte.

 

Le duo entre dans une prestigieuse suite décorée dans les tons rouge et doré. Aestus pose son aspirateur et ferme le loquet derrière lui tandis que Lupus fait quelque pas sur le tapis de velours. Il observe de gauche à droite l'immense cheminée de marbre rose, la teinture au mur représentant une étendue de blés mûrs ondulant sous la brise, la baie vitrée panoramique dont les lourds rideaux pourpres sont tirés laissant toutefois passer quelques rayons chargés de lumière. Le mécamancien fait le tour du pupitre, du bar et du piano mais ne remarque rien d'intéressant. Après quelques secondes d'une intense observation, le licteur trouve quelque chose: de légères traces de suie au sol. Il décide de les suivre et fait signe à Aestus d'en faire de même. Dépassant d'autres meubles de luxe, ils débouchent sur un couloir et plus précisément sur une porte entre-ouverte. Le binôme dégaine ses armes et fait irruption dans la pièce. Il s'agit d'un grand bureau ovale dont les murs sont occupés par des étagères de livres et d'objets de décoration. Deux fauteuils en cuir rouge sont disposés devant un secrétaire en bois laqué. Ce dernier est encombré de plusieurs ouvrages ouverts, de feuilles volantes, de stylus et autres articles d'écriture. Certains que leur cible se trouve toujours en ces lieux, les deux infiltrés ouvrent violement chaque battants, chaque placards, vérifient sous chaque meubles et derrière chaque porte. Malheureusement il semblerait que la créature hérétique ne les ait pas attendue... Dépités, ils retournent au bureau et entreprennent de le fouiller méticuleusement. Lupus remarque ainsi la petite boîte carrée en bois trônant au sommet du capharnaüm sur le secrétaire. Il l'ouvre et découvre 4 lhos au délicieux parfum ambré. Il referme le tout et le place dans son sac. Aestus trouve un tiroir verrouillé et le force sans ménagement. Au milieu d'objets divers, il met la main sur une data-tablette de haute capacité. Curieux, il décide de la lire immédiatement et une formidable décharge électrique l'envoie valser contre une bibliothèque qui s'écroule sous son poids. Lupus se porte à son secours et dégage les livres qui lui sont tombés dessus. L'homme-machine se relève, encore fumant, ses circuits émettant une série de pépiements aigüs. Il sait que l'Omnimessie vient de le protéger, car s'il ne lui avait pas insufflé le réflexe de lâcher l'objet piégé une demie seconde avant qu'il ne s'enclenche, il serait probablement déjà mort. Il adresse une prière silencieuse à son sauveur et ramasse la tablette de données. Il en lit le contenu à voix haute tandis que le licteur retourne crocheter les tiroirs restants. Bien que de nombreuses données soient sécurisées, ils comprennent très vite être en présence de fichiers appartenant à la famille Silphenus, membres haut-placés de l'Alliance Cestelle, un puissant consortium d'agri-mondes dont la capitale économique est Regulus. Pour l'essentiel, il s'agit surtout de rapports commerciaux et de notes personnelles au sujet des accords qui sont en train d'être négociés sur Kinog. Lupus trouve d'ailleurs confirmation lorsqu'il sort d'un tas de feuilles le sceau à cacheter d'un certain Obediah Silphenus, grand magistrator et ambassadeur de l'Alliance Cestelle. Il place sa trouvaille dans sa poche et regarde par la fenêtre tandis qu'Aestus continue de lui faire la lecture. Deux jeeps militarisées viennent de freiner sur le parvis de l'entrée tandis que 10 soldats en tenue de combat en descendent. Un officier aux épaulettes dorées descend les marches au pas de course et leur donne visiblement des instructions. "Merde! Aestus ça craint! Il faut qu'on parte d'ici tout de suite!". 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vénérables Récits et Anecdotes de Campagnes

 

 

Rechercher

JDR, Fantasy et Geekeries

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages