Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 11:59

 

 

XXXVII) Sous escorte (H-41) 

 

 

 

Cela fait maintenant plus de trois-quarts d'heure que Thane est parti. Les autres membres de l'équipe tournent comme des lions en cage alors que les secondes s'égrènent. Lupus met soudainement un coup de pied dans la table: «Bon ça suffit! C'est trop long, il aurait déjà dû revenir! J'y vais moi aussi!». Immédiatement Gaïa se place sur sa route les mains en avant pour tenter de le retenir. Kintas se lève de sa chaise et s'écrie: «Mais enfin! Thane y est déjà, tu risques de le géner si tu y vas! Et puis on ne va pas tous se séparer un par un!». Lupus tourne la tête vers lui et aboie: «Vous, vous n'avez qu'à attendre votre mort programmée si ça vous chante, mais moi, je vais essayer d'agir!». Il pousse ensuite Gaïa sans ménagement et s'en va en claquant la porte.

 

Une fois devant le bâtiment, le licteur prend quelques secondes pour examiner le service d'ordre. Il est bien sûr très important car les différentes frasques de ses collègues dans ce bâtiment ont grandement complexifié la donne. Plusieurs véhicules sont disposés devant en arc de cercle et forment un cordon de sécurité. Les gardes sont en tenue d'intervention, lourdement armés et protégés: armures pare-balles complètes, bouclier de répression, fusils mitrailleurs, photolentilles thermiques, plusieurs types d'auspex... Ils sont en outre assistés de technoprêtres et des groupes de cyber-mastiffs ou de servo-crânes quadrillent la zone. De toute évidence, il faut oublier l'infiltration discrète, Lupus va devoir utiliser ses talents de beau-parleur. Il s'avance donc en pleine lumière, une data-tablette à la main, affichant l'air sûr de celui qui est dans son bon droit. Tout en s'approchant, il repère immanquablement celui qui donne les ordres ici. Il faut dire qu'il fait tout son possible pour être le centre de l'attention. Ses bottes impeccablement cirées et son porte-cighalos de luxe font immédiatement penser à un officier de bureau. Foutu palais. Vivement que je quitte ce repère de parvenus et de m'as-tu-vu se dit le licteur. L'un des gardes finit par l'apercevoir et lui fait signe de s'arrêter: «Halte! Cette zone est interdite désormais». Lupus se stoppe devant lui et répond: «Ah salut collègue! Ouais je vois ça, c'est une sacrée pagaille ici! Qu'est ce qui se passe?». Le garde poursuit: «Il y a eu un incendie volontaire et des meurtres. On est peut-être sur la piste d'un attentat». «Non sérieuuux? Mais c'est grave ça!» commente Lupus tout en s'accoudant à la rambarde. Il tate ses poches à la recherche de son paquet de cighalos et finit par le sortir d'un geste étudié, presque théâtral. L'autre sourit et précise: «En plus à quelques heures du retour du Lord! Forcément ça rend tout le monde plutôt nerveux surtout que les terroristes sont toujours...». Une voix résonne à quelques pas d'eux, il s'agit de l'officier en charge: «Et bien que se passe t-il soldat?». L'interlocuteur de Lupus devient blême tout en se plaçant au garde-à-vous. «Un agent de sécurité de l'astroport demande à entrer sergent!». L'officier s'approche et le licteur remarque alors son cache-oeil en argent, la cravache qu'il fait tournoyer entre ses doigts et ses moustaches aux extrêmités recourbées. Suivant l'exemple du garde, il se met lui aussi au garde-à-vous. L'officier se positionne pile-poil devant lui et le toise quelques secondes avant de lui demander: «Quel est ton matricule agent? Et quel est ton incapable de supérieur, celui qui ne sait pas surveiller ses hommes?». Il accompagne chacune de ses questions d'une légère pression sur le torse du licteur à l'aide de sa cravache. Ce dernier reste impassible et répond: «451P2 sergent. Mon supérieur est l'investigateur Uriah Cortez mais je ne suis pas ici sous ses ordres». L'officier affiche un rictus mauvais: «Ah! De mieux en mieux! Le rapport que je vais faire sur ton cas va être salé! On ne t'a jamais appris à ne pas quitter ta juridiction? Jarghar, Frastus, renvoyez-moi ce chien errant à son chenil pour qu'il se fasse bastonner!». Lupus proteste: «Attendez sergent! Si je suis venu vous voir c'est que j'ai une bonne raison, je suis sur la piste d'un trafic!». L'officier lève une main signifiant à ses hommes de s'arrêter: «Quel genre de trafic?». Le licteur approche son visage et dit tout bas: «De drogue mon sergent». Ce dernier éclate d'un rire sardonique: «Peuf! De la drogue? A Kinog? Quelle nouvelle! Tu te fous de moi mon garçon?! Autant dire que l'herbe est verte et le ciel bleu! Qui ça intéresse une banalité pareille?!! Allez tu dégages!». A nouveau les deux gardes s'approchent et Lupus tente alors le tout pour le tout: «Sergent je vous assure que c'est du sérieux! C'est un nouveau produit qui arrive sur le marché! Il devient très vite mortel et le gang qui est derrière tout ça est prêt à tout: brûler des bâtiments, tuer des innocents... Et là ils sont dans le palais!». Pour la deuxième fois l'officier stoppe ses hommes puis se gratte le menton, l'air pensif: «Hum... C'est vrai que j'ai entendu parlé d'un nouveau produit qui viendrait de Populac, de la lumile je crois... ou de lithile... enfin un truc comme ça. Dis moi mon garçon, Cortez est au courant que tu te trouves ici?». «Pas vraiment sergent. J'ai trouvé une piste et je l'ai suivi. Quand on est sur le point de réussir une affaire pareille, il vaut mieux limiter le nombre de personnes concernées». L'officier marque un temps d'arrêt devant cette réponse intrigante. Piqué au vif, il lui pose une main sur l'épaule et lui demande sur le ton de la confidence: «Ah? Et pourquoi cela?». Lupus le regarde droit dans les yeux et lui répond en souriant «Vous savez ce que sait sergent: moins il y a de gens dans la confidence et plus grosses sont les parts de gloire à partager». Il se tait quelques secondes, le temps d'observer l'effet de ses paroles sur le visage de plus en plus intéressé de son interlocuteur avant d'ajouter: «Personnellement je serais ravi de contribuer à votre futur promotion». La face de l'officier se fend alors d'un large sourire tandis qu'il adresse quelques claques amicales dans le dos de son nouvel associé: «Je vois que t'as pas froid aux yeux mon petit, c'est bien, j'aime les gens comme toi. Tu veux y faire quoi exactement dans ce bâtiment?». «Je dois vérifier deux chambres. Des indices pour remonter le réseau pourrait s'y trouver. J'en ai pour 20 minutes maximum». «T'en a 10, licteur. Et puis Jarghar et Frastus vont t'accompagner».

 

Lupus n'en revenait toujours pas. Sa stratégie avait fonctionné et il était à l'intérieur du bâtiment. Il avait toujours eu un don pour cerner les gens et tirer les leviers qu'il fallait pour obtenir ce qu'il voulait. Après avoir consulté le plan du bâtiment à l'accueil, il se précipite vers la chambre de Lizabel Grisham et fouille la bibliothèque. Les deux gardes qui l'accompagnent surveillent le moindre de ses faits et gestes et celui qui se nomme Frastus fait même de rapides compte-rendus dans son vox. Lupus trouve le tome III de l'histoire de Kinog dédicacé par Mordiker. Il enregistre mentalement le numéro de bas de page puis fait de même dans la chambre d'Abigael Mercurial où il déniche le tome I. Heureux d'avoir complété aussi facilement les parties manquantes du code, il se dépêche d'atteindre le hall pour sortir et rejoindre enfin ses compagnons. C'est alors qu'au bas des marches, il voit un groupe de trois personnes entrer par la grande porte et il n'en croit pas ses yeux. Thane! Le psyker est vraiment dans un sale état. Il a visiblement été roué de coups si l'on se fie à son visage tuméfié, son nez cassé et ses vêtements déchirés et maculés de sang. Ses mains sont attachées dans son dos et son équipement a été remplacé par une armature étrange composée de pistons, de ressorts et de fioles terminées par des seringues. Lupus ignore ce qu'elles contiennent mais leurs couleurs chamarrées ne lui dit rien qui vaille. De plus, les deux molosses qui l'encadrent le tiennent chacun par un bras et affichent une mine des plus pathibulaire. Ils sont vêtus de vêtements exotiques qui mettent en valeur leurs muscles proéminents et portent d'imposants cimetères sur le côté. Lupus se souvient en avoir déjà croisé au palais de Kléopos lorsqu'il cherchait Aestus. Les deux escortes se croisent et le licteur tente d'adresser à son compagnon un silencieux «c'est bon je les ai» mais l'éon doré semble ne pas réagir. Bon sang mais que lui est-il arrivé se dit-il. Lorsqu'il se retrouve à l'extérieur l'officier en chef vient le voir. «Alors ça a été concluant?». «C'est possible sergent, j'ai une piste à creuser. C'était quoi ce type avec les deux costauds?». «Ça c'est pas tes affaires licteur! Tiens voilà ma carte. Appelle moi si t'as du nouveau concernant ta piste. T'auras besoin de moi si tu dois encore te balader dans le palais». «Je n'y manquerais pas sergent». Lupus reprend alors sa route tout en regardant le rectangle cartonné recouvert d'une fine couche de plastek transparent. Foutu bureaucrate se dit-il lorsqu'il franchit à nouveau le cordon de sécurité.  

Partager cet article

Repost 0
Published by BriseBarbe - dans Dernière partie
commenter cet article

commentaires

Vénérables Récits et Anecdotes de Campagnes

 

 

Rechercher

JDR, Fantasy et Geekeries

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pages