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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 21:00

       


XVIII) Démence spatiale

 

 

Titus écoutait avec appréhension les craquements du métal et les crissements du givre se détachant du plafond à cause des vibrations. De toute sa vie de technoprêtre jamais il n'avait vu une... une chose pareille. Comment ce vaisseau pouvait-il même naviguer sans se briser dans les courants du Warp? C'était un mystère qui dépassait de beaucoup son entendement. Il devait y avoir quelque sorcellerie à l'oeuvre, il ne voyait pas d'autres explications. De l'extérieur le Miséricorde lui avait fait l'impression d'un monstre marin à la peau incrustée de saillies plantées au hasard de tourelles et de réacteurs laissant dans son sillage une longue traînée de débris comme la queue d’une comète. Son oeil exercé avait tout de suite remarqué les variations de fuselages et en avait conclu à l'intégration de plusieurs vaisseaux différents sur la coque originelle. L'intérieur était encore plus étrange, évoquant un gigantesque château labyrinthique, surchargé de décorations baroques et grotesques, dont la moitié aurait été creusé à même la roche et la glace car il régnait en ces lieux un froid polaire. Titus n'avait d'ailleurs pas tardé à adopter l'accoutrement de la plupart des passagers: toque, gants en laine et longue veste en fourrure. De même, peu de temps après, il avait découvert que la suite réservée à son nom par l'Inquisiteur Gelt comportait un bar plutôt fourni. Il s'était servi un verre d'amasec espérant un rapide réchauffement de ses organes biologiques, mais des paillettes de glace n'avaient pas tardé à apparaître à la surface et cela avait rendu son geste hésitant. Il entendit alors une mélodie plaintive se déplacer dans le couloir et se rapprocher de la porte d'entrée. Chaque visiteur pouvait engager des guides auprès des laquais et ces derniers les conduisaient à bon port tout en jouant des airs d'accordéons. L'homme-machine avait réfléchi depuis son arrivée au bien-fondé d'une telle chose mais n'avait pas trouvé de réponse logique.

 

La porte s'ouvre et Elli apparaît dans l'encadrement emmitouflé d'un pardessus en peau de grox. Il se tourne vers les joueurs d'accordéons, leur fait signe qu'ils peuvent partir puis referme la porte. "Hey Primus! Content de te voir! Alors on s'offre un p'tit verre en solitaire sans en servir un à son meilleur pote?" s'exclame la racaille tout en traversant la pièce pour s'assoir à côté de lui.

 

"Oui. Ce lieu et ses occupants ont mis à mal mes circuits encephalo-logiques depuis mon arrivée, il y a 653 minutes standard" explique le technoprêtre en reposant son verre.

 

"Bah m'en parle pas! Ils sont tous barges içi! Je sais pas ce qu'ils fument mais c'est sûr, j'en veux!" ironise la racaille avant de boire une bonne rasade directement à la bouteille.

 

"Je ne crois pas que la consommation de produits toxicologiques soit impliquée. C'est plutôt comme s'ils avaient pris le contrôle d'un space-hulk et avaient eu la folie de le civiliser, ou tout du moins... de tenter de le civiliser" répond l'homme-machine regardant fixement la vapeur blanche rejetée par sa grille de communication à chacun de ses mots.

 

Elli prend une tête horrifiée. "Quoi?! T'es sérieux là?!! Ah non non non! Je remonte plus sur ces saloperies moi! J'vais voir s'il y a pas encore Balthis dans le coin, y me déposera dans un endroit plus sympa!". La racaille redescend de son tabouret et réhausse le col de sa veste.

 

"Agent Grey, encore un pas et vous serez considéré comme déserteur" annonce Titus la main sur son fusil radiant modèle Croisade D'laku tandis que la charge de l'arme émet son petit sifflement caractéristique.

 

Elli se rassoit, bois à nouveau une goulée, laisse échapper un soupir puis commente: "Tu vois primus, je préférais quand t'avais gardé la fonction humour. Maintenant discuter avec toi c'est aussi drôle que jouer aux cartes avec un auspex".

 

"Vous perdriez certainement, agent Grey" se laisse aller Titus. C'est alors qu'on tape à la porte et que trois personne entrent. Il s'agit de Silace, Torbal et Arkadia. Tous ont l'air harassés mais ont beaucoup à raconter. Ils s'installent autour de la table basse du salon pour se restaurer, piochant dans les corbeilles de ploins gelés et les rafraichissements du bar. Les premiers échanges se concentrent sur les récentes mésaventures vécues par chaque interlocuteur à bord du Miséricorde. Certains ont eu droit à des cérémoniels interminables et incompréhensibles, d'autres à des laquais particulièrement retords qui les ont retenu pendant des heures à la réception, et d'autres encore, à des passages si mouvants ou étroits qu'il leur a fallu faire preuve d'une grande agilité traversant du même coup des salles atypiques comme des cachots ou des cimetières... Puis au cours de l'heure, la discussion passe à des sujets bien plus graves. Torbal explique qu'Hadley l'a trahi, il s'est servi de lui pour affronter les agents de l'Inquisiteur Silas Marr et accéder à une data-crypte secrète sur Solomon. Il affirme que ce dernier a définitivement basculé du côté du Mal et dévoile sa main droite, désormais prothèse mécanique, souvenir de leur dernière confrontation. Arkadia précise que Gelt soupçonnait quelque chose depuis qu'il avait vu Hadley sur le Goliath et lui avait demandé de les filer. Lorsqu'elle a retrouvé Torbal au bas d'un pont, entre la vie et la mort, elle a découvert que sa main sectionnée avait servi à l'élaboration d'un autel impie voué au Chaos. Elle ne su préciser l'allégeance car son réflexe instinctif a été de le détruire par le feu et d'adresser de multiples prières à l'Empereur mais a reconnu le symbole des Haarlock sur les étagères pillées par Hadley. Titus annonce de son côté qu'il est parvenu à débloquer les caisses d'armes mais qu'une partie a dû être sacrifiée dans une guerre civile sur Acreage. Silace explique qu'elle a réussi ses négociations à la table du libre-marchand Phileas Trantor près de Malfi, mais que le personnage s'est révélé un redoutable adversaire, beau-parleur et fourbe, réussissant à marchander quelques avantages supplémentaires alors que la phase de tractations était censée être terminée. Elli a fait ce que l'on attendait de lui mais en toute honnêteté ne sait pas si cela suffira. Il décrit les membres de la famille Miler comme des gens ambitieux, orgueilleux et mesquins, prêts à toutes les folies pour gagner le moindre Trône. Au cours de la soirée ils reçoivent un message de la part de leur maître leur indiquant de nouvelles coordonnées de rendez-vous. Le technomancien Jericus, qui avait préféré rester à bord du Silver Arrow pour éviter d'être confonté à l'équipage démentiel, allume les systèmes dès réception de la nouvelle et c'est avec soulagement qu'ils quittent le Miséricorde en ayant conservé leur santé mentale.

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